La grippe


fille maladeSi l’on regarde les données concernant les épidémies de grippe aux États-Unis et en France de 1972 à 2008, on voit que le pic de l’épidémie est intervenu une fois en novembre, 4 fois en décembre, 5 fois en janvier, 12 fois en février et 4 fois en mars. En revanche, dans l’hémisphère Sud, elle se manifeste d’avril à septembre. Difficile d’y voir un hasard

Le froid? Pas seulement

On attribue souvent au froid la survenue de la grippe. La chute des températures joue en effet un rôle car elle peut stimuler la réplication des virus dans les cavités nasales. Et surtout, elle agit indirectement en nous incitant à rester plus souvent confiné, donc à respirer moins d’oxygène, ce qui affaiblit le système immunitaire. Pourtant la grippe ne sévit pas toujours au moment le plus froid de l’hiver, loin de là!

Ce n’est qu’au début des années 2000 que les chercheurs ont vraiment commencé à percer le mystère de la grippe en hiver. En 2006, des chercheurs spécialistes des UV ont émis l’hypothèse que l’apparition de la grippe est inversement proportionnelle aux taux de vitamine D circulant dans le sang. Cette vitamine n’a en effet qu’une seule source significative : la synthèse dans la peau via l’exposition aux rayons UVB du soleil d’une longueur spécifique (entre 290 et 313 nm), des conditions qu’on ne retrouve dans l’hémisphère nord qu’entre avril et septembre et entre septembre et avril dans l’hémisphère sud5

Pour étayer leur hypothèse, les chercheurs ont inoculé des souches atténuées de virus de la grippe à des volontaires à des moments distincts dans l’année: les infections étaient plus fortes et plus fréquentes chez les volontaires qui avaient les taux de vitamine D les plus bas, en hiver

En hiver, vous manquez de vitamine D !La vitamine D, qui était jusqu’alors surtout connue pour son rôle dans le maintien de l’os, jouerait un rôle important dans le fonctionnement normal du système immunitaire et nous protégerait des infections(6)

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Il reste une question: si la faiblesse du système immunitaire s’explique par le manque de vitamine D, pourquoi la grippe saisonnière frappe-t-elle à une semaine en particulier et pas une autre? Et pour quoi pas pendant tout l’hiver?

Le rôle insoupçonné de l’humidité

Comment savoir quel facteur ou quel autre in fluence la survenue de la grippe? Pour essayer de le savoir, les chercheurs ont recueilli des données issues des études de population et des réseaux de surveillance des épidémies pour rechercher une association entre les cartes de l’épidémie du virus et le ou les paramètres recherchés (par exemple le taux de vitamine D dans le sang).

Ils ont ainsi découvert un autre paramètre qui explique à quel moment précis de l’hiver la grippe fait son apparition. Ce paramètre c’est l’humidité absolue dans l’air. Chaque année, dans les 20 à 10 jours qui précèdent l’apparition de la grippe, l’humidité dans l’air chute fortement. Ces conditions de faible humidité seraient propices à la survie et à la propagation massive du virus (8).

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Les variations de l’humidité permettent la propagation du virus et il se trouve que ces variations sont, en France, plus marquées en hiver.Quand l’humidité chute, les particules d’eau sont plus fines, ce qui permet au virus de rester vivant en suspension pendant plus longtemps. La contamination étant facilitée ensuite par le manque de vitamine D, chronique en hiver, qui affaiblit les défenses immunitaires et peut-être la scolarisation des enfants qui aiderait à la propagation du virus.

Notons que la grippe en hiver est aussi favorisée par d’autres facteurs:

  • utilisation accrue de notre énergie pour nous adapter aux conditions climatiques plus rigoureuses;
  • davantage de temps passé en collectivité à l’intérieur des bâtiments;
  • baisse de l’exposition aux rayons ultraviolets qui ont des propriétés désinfectantes;
  • réduction des apports en oxygène;
  • et diminution de consommation de fruits et légumes à cette période, protecteurs de l’immunité
  • Notre recommandation:

    La supplémentation en vitamine D fait donc partie des stratégies de tout premier plan pour se protéger de la grippe. C’est encore plus important l’hiver,pendant lequel il n’y a plus d’UVB nécessaires pour la fabriquer, et pour les personnes âgées qui s’exposent peu au soleil et dont la peau fabrique moins de vitamine D sous l’exposition solaire. Il est également possible de créer chez soi un air plus sain à l’aide d’un humidificateur d’air qui réduira le développement du virus à la maison ou dans les institutions

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Pourquoi la vaccination, souvent, ne marche pas

Il y a plusieurs raisons qui expliquent pourquoi la vaccination n’est que modérément efficace chez les jeunes adultes, et peu efficace chez les personnes âgées.

En hiver, il n’est pas rare de tomber malade et d’avoir mal à la tête, des courbatures, de la fièvre et une grande fatigue. Le médecin parle généralement de «grippe» ou «d’état grippal». Mais en réalité ces symptômes grippaux sont rarement ceux d’une véritable grippe. Il existe en effet plus de 200 virus, autres que la grippe, qui provoquent les mêmes symptômes: picornavirus, métapneumovirus, coronavirus, virus respiratoire syncytial, rhinovirus, etc. Et bien entendu contre ces virus le vaccin ne peut rien

Pendant la grippe saisonnière de l’hiver 2008-2009, les chercheurs de l’Institut National pour la Santé (NIH) des États-Unis ont effectué un grand nombre de prises de sang sur les personnes présentant des symptômes d’état grippal. Sur plus de 183000 prises de sang, ils sont aperçus que le virus de la grippe n’était en cause que dans 14,1% des cas (11)

Notre recommandation

Si vous êtes en situation de vulnérabilité, la question de la vaccination peut se poser, et chacun doit pouvoir apprécier le pour et le contre en toute liberté. Si vous faites le choix de la vaccination, adoptez les bonnes pratiques ci-dessous pour en améliorer l’efficacité

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En cas de vaccination: Comment rendre le vaccin plus efficace!

Il est possible d’améliorer nettement l’efficacité du vaccin contre la grippe saisonnière Pour défendre nos organismes face à un agresseur, notre système immunitaire doit multiplier les globules blancs qui fabriquent nos anticorps.

Ce processus nécessite du zinc, du sélénium, des vitamines A, D, C et E, de la vitamine B6 et de la vitamineB9& B12.Avec l’âge on s’alimente moins, le système digestif devient moins performant, il absorbe moins bien les micronutriments, en particulier le zinc, les vitamines B9, B12 et E, tous essentiels à la production d’anticorps, et les carences s’installent, empêchant le fonctionnement normal du système immunitaire. En cas de vaccination, le système immunitaire ne dispose pas des outils nécessaires pour produire un taux efficace d’anticorps (13,14)

Pour résoudre le problème, plusieurs équipes de chercheurs ont testé l’effet d’une supplémentation en vitamines pendant plusieurs mois avant la vaccination.Résultat: après la supplémentation, la montée des anticorps s’améliore, et le vaccin devient aussi efficace que chez les adultes jeunes(15,16)

Pour que le système immunitaire récupère toutes ses capacités perdues suite à un déficit en nutriments, il lui faut au moins 6 mois. Plusieurs études ont montré que prendre des vitamines et des minéraux pendant 1 ou 2 mois avant de se faire vacciner n’est donc pas suffisant et n’a aucun effet(17). Même chose pour un minéral pris seul comme le zinc: une supplémentation en zinc 15 jours avant la vaccination puis se poursuivant ensuite pendant un mois et demi améliore le statut en zinc mais pas le taux d’anticorps post-vaccinal(18).

Pour être bénéfique, la supplémentation en vitamines doit être suivie avec une extrême attention. La plupart des produits dans le commerce sont en effet très inadaptés: ils contiennent souvent du fer, un élément oxydant, qui favorise l’inflammation et accélère la prolifération des infections car le fer est un facteur de croissance des virus et des bactéries. Les fabricants n’ayant pas tenu compte des études de biodisponibilité, les sels minéraux utilisés sont mal absorbés (en particulier le zinc, l’élément le plus important qui doit être présent soit sous forme de citrate, soit sous forme de picolinate) et les produits de pharmacie sont souvent mal dosés ce qui peut être plus dangereux que bénéfique.

Recharger son énergie par la respiration

Nous avons l’impression que respirer est un geste naturel et intuitif. Mais les sportifs, les danseurs, les chanteurs, ne pourraient pas exercer leur métier sans

apprendre à respirer. En Asie, l’apprentissage de la respiration fait partie de la culture et est inclus dans toutes les activités physiques comme le yoga, le tai chi, le chi kung-fu, les arts martiaux. Lorsque nous respirons automatiquement nous gonflons et dégonflons nos poumons comme un accordéon qui émettrait un soupir de quelques petites notes.

Respirer consciemment et complètement, c’est:

  1. Gonfler le ventre en inspirant par le nez;
  2. Puis gonfler les poumons en se redressant et en plaçant des épaules en arrière;
  3. Bloquer sa respiration quelques secondes;
  4. Souffler à fond à fond à fond jusqu’à ce que notre abdomen se rétrécisse au maximum en expirant par le nez.

Répéter l’opération au moins une douzaine de fois en bloquant sa respiration de plus en plus longtemps

: 5 secondes la première fois, puis 10 secondes, 15 secondes, 20 secondes, 25 secondes 30 secondes, en effectuant entre chaque respiration bloquée, un cycle sans blocage.

Si vous le faites là, maintenant, que ressentez-vous?

Un petit effet «champagne»? Normal, le cerveau se sert d’abord. Mais tous vos tissus et organes en profitent, et le système immunitaire en est le second bénéficiaire. Cela ne se sent pas aussi facilement.

Mais faites l’expérience. Si vous sentez un rhume qui arrive.

Une série de respirations complètes et conscientes peut arrêter les écoulements et vous soulager immédiatement

Notre recommandation:

Chaque matin, et chaque soir, 5 minutes de respiration pleine et entière pour faire le plein d’oxygène et régénérer son énergie. En cas de période de stress ou d’épidémie, ponctuer chaque heure de la journée avec une respiration complète consciente.

La vitamine D est loin d’être la seule impliquée

dans notre résistance aux infections. D’autres vitamines et des minéraux jouent des rôles clés. C’est le cas du zinc.

Le métal qui fait fuir les virus

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Les anticorps sont des protéines utilisées par notre organisme pour «marquer» les virus en tant qu’agents à éliminer. La fabrication de ces anticorps demande une collaboration technique en trois étapes à noter organisme entre l’ADN, l’ARN et les ribosomes. Chacune de ces étapes nécessite du zinc.

Les anticorps qui nous permettent de résister au virus sont des protéines, ils ne peuvent donc pas êtes fabriqués dans les quantités nécessaires si l’on manque de zinc

.Quant aux globules blancs, nos autres défenseurs, comme toutes les cellules, pour les multiplier il faut d’abord copier leur informatique, l’ADN, une opération réalisée par une» photocopieuse», l’ADN polymérase, qui fonctionne grâce au zinc.

Ce minéral se retrouve en abondance dans les viandes, les fruits de mer, les poissons , mais il est le plus mal absorbé de tous les minéraux. Et cette

difficulté d’absorption s’aggrave avec l’âge. Les personnes les plus susceptibles de manquer de zinc sont:

  • les personnes de plus de 40 ans,
  • les petits enfants,
  • les adolescents et
  • les femmes enceintes (dont les besoins sont accentués par la croissance),
  • les personnes opérées, traumatisées, brulées,
  • les diabétiques,
  • ceux qui mangent beaucoup de céréales complètes (l’acide phytique qu’elles contiennent bloque son absorption),
  • les végétariens/végétaliens (le zinc végétal est très mal absorbé),
  • l’activité sportive intensive (qui augmente l’élimination et les besoins),
  • ceux qui consomment beaucoup de produits laitiers (les fortes doses de calcium30et la caséine31bloquent son absorption) et
  • les personnes qui utilisent des compléments alimentaires contenant du fer (qui bloque aussi son absorption)(3)

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Mise en garde: Les informations de cette lettre d’information sont publiées à titre purement informatif et ne peuvent être considérées comme des conseils médicaux personnalisés. Ceci n’est pas une ordonnance. Il existe des contre-indications possibles pour les produits cités. Aucun traitement ne devrait être entrepris en se basant uniquement sur le contenu de cette lettre, et il est fortement recommandé au lecteur de consulter des professionnels de santé dûment accrédités auprès des pour toute question relative à leur santé et leur bien-être.

Soutiré de l’article du docteur Dr Jean-paul Curtay. Médecin de renommée internationale, il est un des pionniers de la nutrithérapie. il a créé en France la première consultation dans cette discipline médicale nouvelle. il enseigne depuis 1989 dans plus de vingt pays. il a formé plus de 6000 médecins. il est président de Greenhealth, un mouvement pour la santé globale (alimentation, comportement, environnement), membre de l’académie des sciences de new York et fait partie de l’équipe éditoriale du Journal of Nutritional and Environmental Medecine

SOURCE.1.Johnson NP, Mueller J. Updating the accounts: global mortality of the 1918-1920 «Spanish» influenza pandemic. Bull Hist Med.2002 Spring;76(1):105-15.

2.Barry JM. The great influenza: The epic story of the deadliest plague in history. New York: Viking Press; 2004. p. 560

3.Oxford JS, Lambkin R, Sefton A, Daniels R, Elliot A, Brown R, Gill D. A hypothesis: the conjunction of soldiers, gas, pigs, ducks, geese and horses in northern France during the GreatWar provided the conditions for the emergence of the «Spanish» influenza pandemic of 1918-1919. Vaccine. 2005 Jan 4; 23(7):940-5.

4.Abrahams A, Hallows N, French H. A Further Investigation into Influenza Pneumococcal and Influenza Streptococcal Septicaemia: Epidemic Influenza Pneumonia of Highly Fatal Type and its Relation to Purulent Bronchitis. Lancet. 1919;1:1–9

5.Cannell JJ1, Vieth R, Umhau JC, Holick MF, Grant WB, Madronich S, Garland CF, Giovannucci E. Epidemic influenza and vitamin D. Epidemiol Infect. 2006 Dec;134(6):1129-40.

6.Cannell JJ. On the epidemiology of influenza. Virol 2008;5:29.

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8.Shaman J, Pitzer VE, Viboud C, Grenfell BT, Lipsitch M. Absolute humidity andthe seasonal onset of influenza in the continental United States. PLoS Biol. 2010 Feb23;8(2):e1000316

9.Simpson CR1, Ritchie LD, Robertson C, Sheikh A, McMenamin J. Vaccine effectiveness in pandemic influenza – primary care reporting (VIPER): an observational study to assess theeffectiveness of the pandemic influenza A (H1N1)v vaccine. Health Technol Assess. 2010 Jul;14(34):313-46.

10.Manzoli L1, Ioannidis JP, Flacco ME, De Vito C, Villari P. Effectiveness and harms of seasonal and pandemic influenza vaccines in children, adults and elderly: a critical review and re-analysis of 15 meta-analyses. Hum Vaccin Immunother. 2012 Jul;8(7):851-62.

11.«2008–2009 Influenza Season Week 15 ending April 18, 2009». FluView: A Weekly Influenza Surveillance Report Prepared by the Influenza Division (Centers for Disease Control and Prevention). 24 April 2009.

12.Chandra RK. Nutrition and the immune system: an introduction. Am J Clin Nutr. 1997 Aug;66(2):460S-463S.

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14.

Hara M1, Tanaka K, Hirota Y. Immune response to influenza vaccine in healthy adults and the elderly: association with nutritional status. Vaccine. 2005 Feb 10;23(12):1457-63

15.Wouters-Wesseling W1, Rozendaal M, Snijder M, Graus Y, Rimmelzwaan G, De Groot L, Bindels J. Effect of a complete nutritional supplement on antibody response to influenza vaccinein elderly people. J Gerontol A Biol Sci Med Sci. 2002 Sep;57(9):M563-6.

16.Girodon F, Galan P, Monget AL, Boutron-Ruault MC, Brunet-Lecomte P, Preziosi P, Arnaud J, Manuguerra JC, Hercberg S. Impact of trace elements and vitamin supplementation onimmunity and infections in institutionalized elderly patients: a randomized controlled trial. MIN. VIT. AOX. geriatric network. Arch Intern Med. 1999 Apr 12;159(7):748-54.

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18.Provinciali M, Montenovo A, Di Stefano G, Colombo M, Daghetta L, Cairati M, Veroni C, Cassino R, Della Torre F, Fabris N. Effect of zinc or zinc plus arginine supplementation onantibody titre and lymphocyte subsets after influenza vaccination in elderly subjects: a randomized controlled trial. Age Ageing. 1998 Nov;27(6